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diop-ahmadou-renaissance Panafricaine-Journal-honneur-liberté-le Sénégal : demain, c’est maintenant !

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Blog Cris le 26/08/09. Ancien pensionnaire du Prytanée militaire Charles Nchoréré de Saint-Louis du Sénégal. Ecrivain-Chroniqueur. Recueil de poèmes "Vaincre" aux Editions Saint-Germain-des-Prés à Paris 1991 [France]. Auteur chez Edilivre-Avril 2012 : Collection Classique/Essai/Etude Politique/ Sénégal. Actuellement, résident à Bordeaux. Il est actuellement le coordonnateur de la Conscience patriotique pour le Changement au Sénégal -CPC- ״XAM SA REW - BËG SA REW - JARIÑ SA REW״


Pourquoi la tuerie de Charleston peut être qualifiée de «terrorisme»

Publié par Ahmadou Diop sur 19 Juin 2015, 17:37pm

Pourquoi la tuerie de Charleston peut être qualifiée de «terrorisme»
Pourquoi la tuerie de Charleston peut être qualifiée de «terrorisme»

DÉCRYPTAGE Les médias ont hésité à qualifier Dylann Roof, suprémaciste blanc et présumé auteur du crime raciste, de «terroriste». Le chercheur François-Bernard Huyghe décrypte.
«Ce n’est pas l’acte d’une « personne haineuse isolée ». C’est la manifestation de la haine raciale et du suprématisme blanc qui continue de se répandre dans notre société. […] Nous devrions appeler Dylann Roof comme ce qu’il est : un terroriste.» Dans une tribune publiée sur le site du Washington Post, la professeure en religion et en études africaines Anthea Butler met en lumière l’hésitation sémantique qui a agité les médias depuis la fusillade qui a fait 9 morts dans une église noire de Charleston (Caroline du Sud) mercredi soir. L’auteur présumé des faits, Dylann Roof, suprémaciste blanc de 21 ans, a été tour à tour qualifié de «forcené» ou «déséquilibré». Contrairement à Libération, le terme de «terrorisme» n’apparaissait pas approprié pour certains médias pour qualifier un homme blanc ayant commis un crime raciste de masse.
Dans Terrorismes, violences et propagande (Gallimard, 2011), le chercheur François-Bernard Huyghe s’intéresse à la définition du terrorisme moderne. Il revient sur la tuerie de Charleston et le débat sur le vocabulaire du terrorisme qu’elle a engendré aux Etats-Unis.

Pourquoi ne pourrait-on pas qualifier l’auteur de la tuerie de Charleston de terroriste ?
Dans le cas de la tuerie de Charleston, trois catégories de crimes se heurtent : le hate crime, l’acte raciste dirigé vers une catégorie de personnes en particulier, soit ici la communauté noire. Il y a également des éléments de mass murder, des meurtres de masse où les auteurs veulent tuer le plus de monde possible, comme lors de la fusillade de Columbine en 1999. Mais il entre aussi dans la catégorie du terrorisme, que je définis comme une violence d’une certaine gravité avec un but politique et qui touche une cible symbolique. Ce sont trois catégories qui sont parfaitement conciliables. Le terrorisme est une qualification technique, et ici la tuerie de Charleston réunit tous les critères du terrorisme.

Le fait de revendiquer son acte est-il nécessaire pour le qualifier de terroriste ?
Oui, c’est un élément essentiel. A partir du moment où il explique son acte, qu’il y a un message, qu’il veut un maximum de publicité dans l’espoir que d’autres l’imitent, cela correspond à l’acte terroriste. Et en ce qui concerne cette tuerie de Charleston, Dylann Roof a ainsi laissé une survivante pour qu’elle explique ses revendications.

Est-il obligatoire que l’auteur des faits appartienne à une organisation pour être qualifié de terroriste, ou l’adhésion à une idéologie suffit-elle ?
Le terrorisme peut en effet être un acte individuel. Mais, avant de le qualifier d’acte individuel, il faut tout de même attendre les résultats de l’enquête. Les cas de «loups solitaires» purs sont rares. Dans la pratique, on trouve toujours des gens qui l’ont aidé, qui l’ont influencé, qui lui ont fourni des armes, etc. Anders Breivik, par contre, est un cas à part : dans son organisation, sa prise de décision, il aurait agi absolument seul. Il faut attendre de voir en ce qui concerne Dylann Roof.

D’où vient alors cette polémique sémantique sur le terme «terroriste» ?
Cette crispation me semble surréaliste. On a l’impression qu’en ne qualifiant pas cette tuerie de «terroriste», on chercherait à diminuer sa gravité. Cela vient de plusieurs confusions. C’est vrai que, depuis plusieurs années, il y a une certaine assimilation entre terrorisme et jihadisme. Surtout aux Etats-Unis, où les derniers actes terroristes depuis le 11 Septembre ont été perpétrés par des musulmans, que ce soit lors du marathon de Boston, de la fusillade de Fort Hood ou de l’attentat déjoué sur Times Square en mai 2010.

Mais cela ne veut rien dire, les Etats-Unis ont aussi une tradition de crimes assurés par des suprémacistes blancs. Il y a donc surtout une confusion avec le crime de haine, quand le tueur vise une catégorie de personnes à cause de son orientation sexuelle ou de sa race. Terrorisme et crime de haine n’ont rien de contradictoire cependant. Dans tous les cas, le terme de terrorisme est difficile à définir, même les Nations unies n’ont jamais réussi à se mettre d’accord.

Adrien FRANQUE

Libération

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