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diop-ahmadou-renaissance Panafricaine-Journal-liberté-démocratie- Patriotisme-le Sénégal : demain, c’est maintenant !

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Blog Cris le 26/08/09. Ancien pensionnaire du Prytanée militaire Charles Nchoréré de Saint-Louis du Sénégal. Écrivain-Chroniqueur. Recueil de poèmes "Vaincre" aux Editions Saint-Germain-des-Prés à Paris 1991 [France]. Auteur chez Edilivre-Avril 2012 : Collection Classique/Essai/Etude Politique/ Sénégal. Actuellement, résident à Bordeaux. Il est actuellement le coordonnateur de la Conscience patriotique pour le Changement au Sénégal -CPC- ״XAM SA REW - BËG SA REW - JARIÑ SA REW״ -Pour une Nouvelle République Sénégalaise [NRS], saine, démocratique et transparente, la vraie de l’ivraie ! Un fonctionnaire si riche, multimilliardaire des ténèbres des postes politiques aléatoires de nomination Tan Sa bula Nex- n’est jamais synonyme de patriotisme.


Politiciens, tous menteurs ?

Publié par Ahmadou Diop sur 3 Juillet 2015, 00:49am

Catégories : #politique

Politiciens, tous menteurs ?
vérité ne compte plus, l’essentiel est d’avoir le culot d’affirmer, explique le chercheur Christian Salmon. En politique, l’art de la mise en scène a remplacé l’action…

« La vérité n’est pas mon sujet. » Conseillère en communication de Dominique Strauss-Kahn et de Jérôme Cahuzac, Anne Hommel a le mérite de parler cash. La vérité n’est donc pas le sujet des politiques et de leurs communicants. La question est réglée depuis qu’il existe des sophistes et des rhétoriciens, depuis Machiavel ou Jonathan Swift, auteur en 1733 d’un livre fameux, L’ Art du mensonge politique. Un art qu’Henri Queuille, plusieurs fois président du Conseil sous la IVe République, avait traduit dans une maxime demeurée célèbre : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. »

Bref, le couple mensonge et politique n’est pas de première jeunesse, et Jérôme Cahuzac n’a rien d’un précurseur. Au point de se demander si cette question de la vérité en politique a encore un sens, comme nous y invite Christian Salmon, auteur de Storytelling et de La Cérémonie cannibale, son dernier essai : et si les hommes politiques étaient devenus de simples « performers » d’un théâtre vidé de son contenu ? 

Vérité ou mensonge, là n’est plus la question

 « Depuis les années 1990, la révolution des technologies de l’information, l’explosion d’Internet, des réseaux sociaux, des chaînes d’info en continu ont profondément changé la communication politique. L’important, aujourd’hui, pour un homme politique, c’est la qualité de sa performance : sera-t-il cru ou non ? Sera-t-il capable d’imposer son histoire ou sa version de l’histoire ? Dans l’affaire Cahuzac, du point de vue de ses conseillers en communication, l’important n’était pas qu’il ait ou non un compte en Suisse, mais qu’il soit capable d’affirmer, les yeux dans les yeux, au président de la République qu’il n’en avait pas. L’essentiel est de convaincre, d’avoir le culot d’affirmer. Aujourd’hui, le couple réalité/fiction s’estompe au profit d’un autre : ce qui marche et ce qui ne marche pas. De la question de la vérité et du mensonge, nous sommes ainsi passés à celle de la croyance. Le storytelling des hommes politiques et son décryptage sont devenus les deux mamelles d’une démocratie qui a substitué le récit à l’action, l’art de la mise en scène à celui de gouverner. »

Face à l’impuissance du pouvoir, le volontarisme

« La révolution néolibérale mise en place dans les années 1980 a bouleversé la question de la souveraineté. Auparavant, le monarque puis l’élu en démocratie bénéficiaient d’une véritable puissance d’agir. Aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation, les politiques et les Etats sont de plus en plus impuissants face au pouvoir des marchés, des multinationales ou des instances supranationales, les banques centrales ou le FMI. Dans le film de Pierre Schoeller L’Exercice de l’Etat, on voyait ainsi le désarroi d’un haut fonctionnaire qui s’apprêtait à rejoindre un grand groupe privé : « L’Etat, c’est devenu une misère. Une vieille godasse qui prend l’eau de partout. Il n’y a plus d’argent. Il n’y a plus de puissance. […] C’est quoi, le pouvoir sans la puissance ? » La souveraineté, qui s’appuyait sur une double réalité, le pouvoir et sa représentation en la personne du roi ou de l’élu, est ainsi coupée en deux. D’un côté, le pouvoir sans visage des marchés et des technocraties. De l’autre, le visage impuissant des politiques. Quand le roi est nu, en quoi consiste alors l’exercice de l’Etat ? Essentiellement dans la communication. « L’insouveraineté » des politiques va paradoxalement déclencher une inflation narrative, et ce que j’appelle le « volontarisme impuissant » : moins on a de pouvoir, plus on va afficher sa volonté de changer le monde. C’est le « Yes, we can » de Barack Obama ou « Le changement, c’est maintenant » de François Hollande, une formule performative qui occulte le contenu réel de ce changement. Si celui-ci ne vient pas, vous allez évidemment décevoir, perdre de votre crédit. Qu’allez-vous faire alors pour y remédier ? Surenchérir dans le discours volontariste, entamant une spirale sans fin de communication de plus en plus sophistiquée et coûteuse. Dans un tel contexte, on voit bien que la question de la vérité ou du mensonge devient tout à fait secondaire. »

L’enjeu de la bataille : imposer son récit

« Si la vie politique se donne ainsi à lire comme un feuilleton intrigant, propre à capter l’attention, les politiques au pouvoir n’ont plus le monopole de la narration. Leurs récits suscitent en retour des multitudes d’autres récits, de contre-récits dans les médias anciens et nouveaux. Il y a les narrateurs de la majorité et ceux de l’opposition, ceux des journaux, et chacun d’entre nous qui twittons, discutons, approuvons, contredisons. Bien plus que l’émergence de la vérité, l’enjeu de cette bataille est d’imposer son récit. Dans l’affaire Cahuzac, c’est à l’évidence Mediapart qui a remporté cette partie de poker narrative. Il a su mettre en scène une histoire, la séquencer, la feuilletonner, et la produire au bon moment. La bataille, cette fois-ci, s’est bien terminée : le mensonge du ministre du Budget a été déjoué. »

Résultat : plus personne n’y croit

« Une étude récente du Pew Research Center démontre que de 1958 à 2012 la confiance dans le gouvernement fédéral américain s’est effondrée, passant de 75 % à… 23 % ! Dans les décennies 1970, 1980, 1990, cette chute de confiance était due à des scandales comme la crise du Watergate ou l’affaire Monica Lewinsky. Aujourd’hui, cette perte de confiance n’est plus liée à un événement particulier, elle est tendancielle. L' »insouveraineté » a produit une sorte de figure problématique de l’homme politique, entre réel et fiction, action et communication, un personnage flou aux repères idéologiques de plus en plus indiscernables, devant lequel le peuple — ou plutôt l’audience — est fondamentalement sceptique. Au-delà de la question du mensonge, nous sommes entrés dans l’ère du soupçon généralisé. »

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